Chaque année, des milliers d’entreprises soutiennent une cause.
Une affiche dans les locaux.
Un e-mail envoyé à tous les collaborateurs.
Une publication sur les réseaux sociaux.
L’intention est sincère.
Pourtant, une question revient souvent : comment faire pour que les équipes ne se contentent pas de voir passer l’information, mais aient réellement envie de participer ?
Chez Realisaprint, cette question s’est posée à l’occasion de Movember.
Habituée à soutenir une cause d’intérêt général chaque année, l’entreprise souhaitait aller plus loin qu’une simple communication interne. Cette édition avait une résonance particulière puisqu’un collaborateur avait lui-même été confronté à cette maladie.
L’objectif n’était donc pas uniquement de parler de Movember.
Il s’agissait de faire vivre cette mobilisation.
Pour cet article, Alexia, membre de l’équipe UPMATES, est allée échanger avec les deux fondateurs de Realisaprint, Rafael Mari et Remi Barelli, afin de revenir sur cette expérience.
Une cause qui devait se vivre
Alexia : Pourquoi avoir choisi Movember cette année-là ?
Rafael Mari :
Chez Realisaprint, nous avons toujours aimé soutenir des causes d’intérêt général.
Chaque année, nous essayons de sensibiliser nos équipes à une initiative qui nous semble importante.
Cette fois, Movember avait une signification particulière.
L’un de nos collaborateurs avait été directement concerné par cette maladie.
Forcément, cela donne une autre dimension à l’engagement.
On ne participe plus uniquement parce que c’est une belle campagne.
On participe parce que l’on connaît quelqu’un.
Parce que cela prend un visage.
Remi Barelli :
On voulait aussi que cette mobilisation soit vécue par les équipes.
Pas seulement qu’elles voient passer une information.
On cherchait une manière de transformer cette sensibilisation en quelque chose de concret.

Les limites d’une communication interne
Alexia : Avant de découvrir UPMATES, comment organisiez-vous ce type d’initiative ?
Remi Barelli :
Comme beaucoup d’entreprises, on communiquait en interne.
On lançait une action.
On envoyait quelques rappels.
Et puis on essayait de faire vivre l’opération.
Mais très vite, cela demandait beaucoup d’énergie.
Qui a participé ?
Qui a oublié ?
Qui faut-il relancer ?
Tout cela devenait rapidement compliqué à suivre.
Rafael Mari :
Finalement, on avait parfois l’impression que c’était toujours aux responsables d’aller chercher les participants.
On passait du temps à relancer, à encourager, à rappeler.
Et malgré toute la bonne volonté, cela restait une animation portée par quelques personnes.
Pas vraiment par l’ensemble des collaborateurs.
Une autre façon d’animer
Alexia : Qu’est-ce qui vous a donné envie de tester UPMATES ?
Rafael Mari :
Ce qui nous a tout de suite plu, c’est que tout le monde allait se retrouver au même endroit.
Les participants pouvaient publier leur action.
Voir celle des autres.
Commenter.
On sentait qu’il allait se passer quelque chose de plus vivant qu’un simple échange d’e-mails.
Remi Barelli :
Il y avait aussi tout l’aspect pratique.
Les notifications automatiques.
Le suivi des participations.
Les rappels.
Honnêtement, c’était quelque chose qu’on n’aurait jamais pu gérer manuellement.
Et puis il y avait le système des flammes.
Au début, cela peut sembler être un simple détail.
Mais nous avons trouvé cette idée très intéressante.
En tant que dirigeants, nous savons que la régularité est rarement parfaite.
Nous avons tous des journées où nous sommes plus fatigués ou moins disponibles.
Le fait de valoriser cette continuité donnait envie de revenir participer.
Sans donner l’impression d’être contrôlé.
Les équipes se sont approprié le défi
Alexia : Qu’est-ce qui vous a le plus surpris pendant cette opération ?
Rafael Mari :
Au départ, on imaginait que les hommes participeraient davantage.
Après tout, Movember est souvent associé à la moustache.
Finalement, tout le monde s’est prêté au jeu.
Même les femmes.
Remi Barelli :
Certaines avaient fabriqué de fausses moustaches en papier.
Franchement, on ne s’y attendait pas.
Et très vite, les publications ont commencé à évoluer.
Au lieu de voir uniquement des photos individuelles, on a vu apparaître des photos de groupes.
Des collègues qui posaient ensemble.
Là, on s’est dit que quelque chose était en train de se créer.
Rafael Mari :
Avant, chacun faisait éventuellement son action dans son coin.
Cette fois, les équipes avaient envie de partager ce qu’elles faisaient.
On voyait apparaître une vraie dynamique collective.
Quand le groupe prend le relais
Alexia : À quel moment avez-vous compris que ce n’était plus seulement vous qui faisiez vivre le défi ?
Remi Barelli :
Très rapidement.
Au départ, nous pensions que nous devrions continuer à stimuler les équipes.
Finalement, les collaborateurs ont commencé à échanger entre eux.
Ils commentaient.
Ils réagissaient.
Ils avaient envie de voir les nouvelles publications.
Petit à petit, cette dynamique s’est installée naturellement.
Rafael Mari :
C’est probablement ce qui nous a le plus marqués.
Avant, on avait l’impression que c’était aux dirigeants de maintenir l’énergie.
Avec UPMATES, nous avons découvert que le groupe pouvait lui-même entretenir cette motivation.
Et ça change énormément de choses.
Parce que tout devient plus spontané.
Plus qu’une participation
Alexia : Est-ce qu’il y a eu d’autres surprises à la fin du défi ?
Rafael Mari :
Oui.
Nous avons appris que certains collaborateurs avaient ensuite réalisé un don personnel à Movember.
Ce n’était pas quelque chose que nous avions demandé.
Encore moins attendu.
Cela nous a montré que cette opération avait dépassé le simple cadre du défi.
Remi Barelli :
Je pense que lorsque les personnes vivent réellement une expérience, elles s’approprient davantage la cause.
Elles ne participent plus uniquement parce qu’une entreprise leur propose une animation.
Elles participent parce qu’elles en ont envie.
Et c’est très différent.
Un résultat inattendu
Alexia : Quels enseignements retenez-vous aujourd’hui de cette expérience ?
Remi Barelli :
Avant cette opération, nos actions internes rassemblaient en moyenne autour de 15 % des collaborateurs.
C’était déjà un résultat que nous trouvions satisfaisant.
Avec UPMATES, nous avons atteint près de 73 % de participation.
Bien sûr, les rappels automatiques ont joué un rôle.
Mais nous pensons que ce n’est pas la seule explication.
Les publications.
Les commentaires.
Les échanges entre collègues.
Le fait de voir les autres participer.
Tout cela a créé une véritable dynamique.
Rafael Mari :
Nous avons surtout compris qu’il n’y avait rien de plus puissant qu’un groupe qui commence à avancer ensemble.
À partir du moment où les collaborateurs se sont approprié le défi, nous n’avions presque plus besoin d’intervenir.
Nous ne portions plus l’initiative.
Nous regardions simplement le mouvement grandir.
Donner envie plutôt qu’imposer
Toutes les organisations souhaitent mobiliser leurs équipes autour de projets qui ont du sens.
Mais entre informer et donner envie de participer, il existe souvent un écart.
L’expérience menée chez Realisaprint montre qu’une mobilisation ne repose pas uniquement sur une bonne communication.
Elle naît aussi des interactions entre les personnes.
Des encouragements.
Des petits rendez-vous quotidiens.
Du plaisir de participer ensemble.
Pour Rafael Mari et Remi Barelli, cette opération a surtout permis une prise de conscience.
Lorsqu’un groupe commence à s’encourager lui-même, la dynamique change de nature.
On ne participe plus parce qu’il faut le faire.
On participe parce qu’on a envie de faire partie du mouvement.
Et c’est peut-être là que commence une véritable mobilisation.