Savoir que son couple s’est installĂ© dans une routine ne signifie pas forcĂ©ment que l’on est prĂŞt Ă  consulter, Ă  suivre une formation ou Ă  entamer un vĂ©ritable travail sur sa relation.

Entre la prise de conscience et le passage Ă  l’action, il existe parfois un espace difficile Ă  franchir.

Marie Sauvage le constate régulièrement dans son activité.

Experte en relations humaines et psychogénéalogiste, elle accompagne les couples qui souhaitent mieux comprendre leurs difficultés, restaurer leur lien et transformer leur manière de vivre leur relation.

À travers ses coachings, ses formations et sa méthode « Couple Humain », Marie propose une approche qui mêle psychogénéalogie, sophrologie et compréhension des mécanismes relationnels.

Mais lorsqu’on accompagne des personnes, une question se pose rapidement : comment aider celles qui s’intĂ©ressent Ă  notre approche, nous lisent ou nous suivent… mais ne sont pas encore prĂŞtes Ă  aller plus loin ?

Pour Marie, la rĂ©ponse a pris la forme d’un dĂ©fi très concret : 7 jours pour sortir son couple de la routine.

Nous avons voulu comprendre pourquoi elle avait choisi de faire vivre cette première expérience à sa communauté.

Comprendre ne suffit pas toujours

Marie, tu accompagnes des couples en difficultĂ©. Est-ce que le plus difficile est toujours de comprendre qu’il existe un problème dans son couple ?

Pas forcément.

Je pense que beaucoup de personnes sentent assez rapidement quand quelque chose change dans leur relation. Elles voient qu’elles communiquent moins, qu’elles partagent moins de moments ensemble ou que la routine a progressivement pris beaucoup de place.

Le problème, c’est que prendre conscience d’une difficultĂ© et dĂ©cider d’agir sont deux choses diffĂ©rentes.

On peut savoir que son couple a besoin d’attention et continuer malgrĂ© tout pendant des semaines ou des mois sans vraiment changer ses habitudes.

Parfois, on attend que la situation devienne réellement difficile avant de chercher des solutions.

Tu ressens donc une forme d’hĂ©sitation avant de passer Ă  l’action ?

Oui, et je pense que c’est très humain.

Décider de prendre un coaching ou de suivre une formation demande déjà un engagement personnel.

Il faut accepter de regarder sa relation différemment, de se poser certaines questions et parfois de remettre en cause des fonctionnements installés depuis longtemps.

Il y a aussi des personnes qui dĂ©couvrent mon travail et qui s’intĂ©ressent Ă  mon approche, mais qui ont besoin de temps avant de savoir si elle leur correspond.

Elles peuvent lire, regarder du contenu, réfléchir…

Mais cela ne veut pas encore dire qu’elles vont agir.

Faire découvrir son approche autrement

Le constat de Marie fait écho à une difficulté rencontrée par de nombreux professionnels qui partagent leur expertise en ligne.

Publier un conseil permet d’informer.

Une vidéo peut expliquer.

Une publication peut provoquer une prise de conscience.

Mais aucune de ces actions ne garantit que la personne mettra rĂ©ellement en pratique ce qu’elle vient de dĂ©couvrir.

Pour son premier défi sur UPMATES, Marie a donc choisi de ne pas simplement parler de la routine dans le couple.

Elle a proposĂ© Ă  ses participants d’agir.

Pendant sept jours.

Ton approche repose beaucoup sur la compréhension de nos fonctionnements et de nos schémas. Pourtant, pour ton défi, tu as choisi un sujet très concret : « 7 jours pour sortir son couple de la routine ». Pourquoi ?

Parce que je voulais quelque chose que les personnes puissent expérimenter immédiatement.

La routine est un sujet qui concerne énormément de couples.

Elle ne signifie pas forcĂ©ment que le couple va mal ou qu’il n’y a plus d’amour. Souvent, ce sont simplement le quotidien, les responsabilitĂ©s et les habitudes qui prennent progressivement toute la place.

On peut expliquer pendant des heures pourquoi cela arrive.

Mais à un moment, il faut aussi créer un mouvement.

L’idĂ©e du dĂ©fi Ă©tait de proposer une action diffĂ©rente chaque jour pour permettre aux participants de faire quelque chose de concret dans leur relation.

Pas dans trois mois.

Pas lorsqu’ils auront lu un livre entier.

Le jour mĂŞme.

Une action plutôt qu’une intention

C’est prĂ©cisĂ©ment autour de cette idĂ©e qu’UPMATES a Ă©tĂ© imaginĂ©.

Un défi ne repose pas uniquement sur du contenu à consulter.

Chaque journĂ©e est construite autour d’une action claire proposĂ©e par le crĂ©ateur du dĂ©fi.

Le participant sait ce qu’il peut faire aujourd’hui.

Dans le dĂ©fi de Marie, l’objectif n’Ă©tait donc pas de demander aux couples de « travailler sur leur relation ».

Une intention aussi large peut rapidement devenir une nouvelle chose que l’on repousse au lendemain.

Pendant sept jours, les participants avançaient progressivement à travers des actions différentes pensées pour les sortir de leurs habitudes.

Est-ce que le fait de proposer une action précise chaque jour aide les participants à moins réfléchir et à commencer réellement ?

Je pense que oui.

Quand on dit Ă  quelqu’un qu’il faudrait « prendre soin de son couple » ou « sortir de la routine », on lui donne finalement un objectif très large.

La personne doit encore se demander ce qu’elle va faire, quand elle va le faire et comment.

Et parfois, elle ne fait rien.

Dans un défi, le cadre est différent.

Il y a une action proposĂ©e aujourd’hui.

On peut la découvrir et décider de la réaliser.

Cela rend les choses beaucoup plus concrètes.

Et le fait de savoir que l’expĂ©rience dure sept jours permet aussi de se dire : « D’accord, pendant une semaine, je joue le jeu. »

Du conseil à l’expérience

Qu’est-ce qu’un dĂ©fi de sept jours permet de crĂ©er qu’un simple conseil publiĂ© sur les rĂ©seaux sociaux ne crĂ©e pas forcĂ©ment ?

Sur les réseaux sociaux, nous consommons énormément de contenu.

On peut entendre un très bon conseil, se dire qu’il est intĂ©ressant et passer Ă  la vidĂ©o suivante quelques secondes plus tard.

Ce n’est pas forcĂ©ment un manque d’intĂ©rĂŞt.

C’est simplement notre manière de consommer les contenus aujourd’hui.

Le défi crée un rendez-vous différent.

La personne sait qu’elle participe Ă  une expĂ©rience.

Elle revient pour dĂ©couvrir l’action suivante.

Et surtout, elle ne fait pas qu’Ă©couter ce que je lui explique.

Elle expérimente.

Pour moi, c’est une diffĂ©rence importante.

Cette distinction entre comprendre et expĂ©rimenter est au cĹ“ur de l’expĂ©rience imaginĂ©e par Marie.

Car dans les mĂ©tiers de l’accompagnement, l’expertise d’un professionnel ne se dĂ©couvre pas uniquement Ă  travers ce qu’il affirme savoir.

Elle se découvre aussi dans sa manière de guider.

Dans les questions qu’il pose.

Dans les actions qu’il propose.

Dans le chemin qu’il construit.

Expérimenter avant de s’engager

Pour un coach, un formateur ou un expert, demander Ă  une personne d’acheter une formation ou de rĂ©server un accompagnement reprĂ©sente parfois un saut important.

La personne peut apprécier les contenus.

ReconnaĂ®tre l’expertise.

Se sentir concernée par les sujets abordés.

Et pourtant hésiter encore.

Une première expérience peut alors créer un lien différent.

Est-ce que ce type de dĂ©fi permet aussi aux participants de dĂ©couvrir ta manière d’accompagner avant d’envisager d’aller plus loin avec toi ?

Oui, forcément.

Pendant sept jours, les personnes dĂ©couvrent ma manière d’aborder un sujet et de les guider.

Elles peuvent voir si les actions proposĂ©es leur parlent et si mon approche correspond Ă  ce qu’elles recherchent.

Je trouve cela intĂ©ressant parce qu’elles ne dĂ©couvrent pas uniquement mon travail Ă  travers une prĂ©sentation de mes accompagnements.

Elles vivent quelque chose.

Et de mon côté, cela me permet aussi de proposer une première étape à des personnes qui ne sont peut-être pas encore prêtes pour un travail plus approfondi.

Tout le monde n’arrive pas au mĂŞme moment.

Certaines personnes savent exactement ce qu’elles veulent travailler et recherchent immĂ©diatement un accompagnement.

D’autres ont besoin de commencer plus doucement.

Le défi peut être cette première étape.

Mettre en mouvement 

C’est peut-ĂŞtre l’un des changements les plus importants pour les professionnels qui possèdent aujourd’hui une audience.

Pendant longtemps, la stratégie a principalement consisté à produire davantage de contenu pour convaincre.

Plus de publications.

Plus de vidéos.

Plus d’explications.

Plus de conseils gratuits.

Mais lorsque l’audience connaĂ®t dĂ©jĂ  votre expertise, le problème n’est pas toujours le manque d’informations.

Parfois, elle sait déjà.

Elle sait qu’elle devrait communiquer diffĂ©remment dans son couple.

Elle sait qu’elle devrait reprendre une activitĂ© physique.

Elle sait qu’elle devrait publier ce premier contenu.

Elle sait qu’elle devrait mieux organiser son entreprise.

La question devient alors diffĂ©rente : Comment l’aider Ă  commencer ?

Finalement, est-ce que le premier engagement d’une personne n’est pas parfois simplement de rĂ©ussir Ă  la mettre en mouvement ?

Oui, complètement.

Je le vois beaucoup dans le couple.

Nous pouvons comprendre énormément de choses intellectuellement et continuer à reproduire les mêmes habitudes.

À un moment, il faut vivre une expérience différente.

Même une petite action peut créer quelque chose.

Elle ne va pas rĂ©gler toutes les difficultĂ©s d’un couple en une journĂ©e, Ă©videmment.

Mais elle peut provoquer une discussion, créer un moment différent ou simplement permettre à une personne de regarder sa relation autrement.

Et parfois, c’est comme cela que le changement commence.

Créer une première expérience

Avec « 7 jours pour sortir son couple de la routine », Marie Sauvage n’a pas cherchĂ© Ă  condenser un accompagnement complet dans une application.

Elle n’a pas non plus essayĂ© de transformer sept actions en thĂ©rapie de couple.

Elle a créé une première expérience.

Un cadre.

Une durée.

Une action à réaliser chaque jour.

Pour les participants, le dĂ©fi permet de ne plus simplement penser qu’il faudrait changer quelque chose dans leur relation.

Pendant sept jours, ils commencent.

Et pour Marie, c’est aussi une autre manière de faire dĂ©couvrir son univers et son approche.

Non pas en demandant immĂ©diatement Ă  son audience d’aller plus loin.

Mais en lui proposant d’abord d’avancer avec elle.

Parce qu’avant de convaincre une personne de s’engager davantage, il faut parfois simplement lui permettre de vivre une première expĂ©rience.

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