« Je me retrousse les manches et je fais. »
Quand Virginie Rousseau parle d’elle, cette phrase résume assez bien son état d’esprit.
Athlète de Cross Training, coach depuis 2016 et ancienne membre de la French Invictus Team, Virginie fait partie de ces personnes qui préfèrent essayer, recommencer et avancer plutôt que rester longtemps dans l’intention.
Le sport de haut niveau lui a aussi appris une chose : la motivation est précieuse, mais elle n’est jamais constante.
Certains jours, l’envie est là.
D’autres, beaucoup moins.
C’est aussi pour cette raison que le cadre, la progression et le collectif occupent une place aussi importante dans le sport.
Alors, lorsqu’elle propose un défi à sa communauté, Virginie ne cherche pas simplement à publier une succession de vidéos de motivation.
Elle veut que les participants agissent.
Qu’ils avancent.
Et surtout, qu’ils tiennent.
Mais faire vivre un défi pendant plusieurs jours est très différent de publier un programme d’entraînement.
Nous avons échangé avec elle sur ce qui aide réellement une communauté à rester mobilisée dans la durée.
Se retrousser les manches et faire
Virginie, dans une ancienne interview, tu disais : « Je me retrousse les manches et je fais. » Est-ce que cette mentalité se retrouve dans ta manière de coacher ?
Oui, complètement.
Je pense que cela fait vraiment partie de ma personnalité.
Mon père était quelqu’un de très manuel, capable de trouver des solutions et de faire énormément de choses par lui-même. Il m’a transmis cette façon de réfléchir.
Quand je peux essayer, je préfère essayer.
Dans le sport, c’est exactement pareil.
On peut passer beaucoup de temps à réfléchir à un mouvement, à regarder quelqu’un le réaliser ou à écouter les conseils d’un coach. Mais à un moment, il faut se placer devant la barre et tenter.
Parfois, ça passe.
Parfois, ça ne passe pas.
Et on recommence.
Dans ma manière de coacher, j’aime aussi cette idée de rendre les personnes actrices.
Je peux expliquer, corriger et encourager, mais je ne peux pas faire l’action à leur place.
La motivation ne reste jamais constante
Dans le sport, est-ce que le collectif aide réellement à tenir quand la motivation commence à baisser ?
Évidemment.
Je pense que toutes les personnes qui pratiquent un sport régulièrement connaissent ça.
Il y a des jours où tu arrives avec énormément d’énergie et d’autres où tu aurais facilement trouvé une bonne raison de rester chez toi.
Le fait de savoir que d’autres personnes sont là change beaucoup de choses.
Tu vois quelqu’un commencer.
Tu entends les encouragements.
Tu regardes une personne terminer alors qu’elle était elle-même en difficulté quelques minutes auparavant.
Dans le Cross Training, le collectif est très présent. Même si chacun réalise son propre effort, tu n’as pas forcément l’impression de le faire seul.
Et parfois, ce sont vraiment les autres qui te donnent envie de tenir quelques minutes ou quelques répétitions supplémentaires.
Finalement, la motivation individuelle ne suffit donc pas toujours ?
Non.
Et heureusement, parce que si nous devions attendre d’être motivés tous les jours pour faire les choses, nous n’irions probablement pas très loin !
La motivation évolue.
Le cadre, les habitudes et l’environnement peuvent justement prendre le relais lorsqu’elle baisse.

Le défi change quand il passe en ligne
Pour un coach, créer un défi semble presque naturel.
Un objectif.
Une durée.
Des actions à réaliser.
Des participants motivés au départ.
Mais lorsque le défi quitte la salle de sport pour être proposé en ligne, une partie de la dynamique collective peut rapidement disparaître.
Virginie en a fait l’expérience en utilisant des outils de messagerie pour accompagner ses participants.
Quand tu as commencé à proposer des défis en ligne, as-tu retrouvé la même dynamique que dans le sport en présentiel ?
Pas complètement.
Il y a forcément une différence parce que les personnes ne sont pas physiquement ensemble.
Dans une salle, tu vois immédiatement ce qui se passe.
Tu vois qui commence à fatiguer, qui a besoin d’un encouragement ou qui est en train de décrocher.
En ligne, tu dois recréer cette dynamique autrement.
Et selon l’outil que tu utilises, cela peut vite devenir compliqué.
Qu’est-ce qui était le plus difficile à gérer avec des outils comme WhatsApp ?
Le problème principal, c’est le flux des messages.
Au départ, tout fonctionne très bien.
Les personnes sont motivées, elles participent, elles envoient leurs messages.
Mais justement, plus les participants échangent, plus les informations s’accumulent.
Si je publie une vidéo pour motiver le groupe et que vingt messages arrivent ensuite, ma vidéo remonte rapidement dans la conversation.
Une personne qui se connecte plusieurs heures plus tard peut passer à côté.
Les participations se mélangent aussi avec les questions et les discussions.
On peut avoir quelqu’un qui parle de son action du jour, une autre personne qui pose une question sur la veille et quelqu’un d’autre qui répond à un ancien message.
Cela crée de l’échange, ce qui est positif.
Mais pour suivre un défi structuré, cela peut vite devenir difficile à organiser.
Quand les contenus se perdent
Le problème rencontré par Virginie n’était donc pas de créer des contenus.
Il n’était pas non plus de trouver des actions à proposer.
Le problème était de conserver une structure claire au fil des jours.
Une difficulté que peuvent rencontrer de nombreux créateurs lorsqu’ils utilisent un outil de messagerie pour faire vivre une expérience qui, à l’origine, n’a pas été pensée comme une simple conversation.
Est-ce qu’à force, le coach peut passer plus de temps à maintenir le défi qu’à réellement accompagner ?
Oui, cela peut arriver.
Il faut parfois republier une information parce qu’elle s’est perdue.
Rappeler où en est le défi.
Répondre plusieurs fois à la même question.
Repartager un contenu.
Et surtout, essayer de maintenir la dynamique.
Quand tu es coach, tu as envie d’être présente pour les personnes.
Mais tu n’as pas forcément envie de passer ta journée à faire remonter des messages dans une conversation.
L’objectif reste d’accompagner.
Un espace pour chaque journée
C’est notamment cette organisation qui a intéressé Virginie lorsqu’elle a découvert UPMATES.
Sur la plateforme, chaque journée d’un défi possède son propre espace.
L’action du jour, le contenu proposé par le créateur et les participations restent rattachés à cette journée.
Le défi avance progressivement.
Jour après jour.
Qu’est-ce qui t’a intéressée dans cette organisation ?
La clarté.
Quand une personne arrive sur sa journée, elle sait où elle en est.
Elle découvre ce qu’elle doit faire et retrouve le contenu associé.
Pour moi aussi, c’est plus simple.
Je peux préparer ce que je veux transmettre et construire une vraie progression.
Je trouve aussi intéressant que les participations restent liées à l’action concernée.
On garde l’échange entre les personnes, mais dans un cadre beaucoup plus structuré.
Ce n’est pas une conversation générale dans laquelle tout se mélange.
Est-ce que cela change aussi ta manière de construire un défi ?
Oui, parce que tu réfléchis vraiment à la progression.
Tu te demandes ce que la personne doit faire aujourd’hui.
Puis ce qui viendra demain.
Dans le sport, on connaît bien cette logique.
Tu ne construis pas un entraînement en mettant tous les exercices possibles au hasard.
Il y a un objectif.
Le défi, c’est pareil.
Le cadre t’oblige aussi à être claire dans ce que tu demandes aux participants.
Voir les autres avancer
Sur UPMATES, chaque participant peut valider sa journée en partageant sa participation.
Une action réalisée permet également de gagner une flamme et de faire progresser son compteur.
Des mécaniques volontairement simples et visibles.
Dans le sport, voir les autres avancer peut-il réellement donner envie de tenir un jour de plus ?
Oui.
C’est même quelque chose que l’on observe très facilement.
Quand tu vois que d’autres personnes continuent, cela peut te donner le petit coup de motivation qui te manquait.
Pas forcément dans un esprit de compétition.
C’est plutôt le fait de se dire : « Ils sont encore là. Je continue aussi. »
Dans un défi, les participants vivent quelque chose au même moment.
Ils n’ont pas tous le même niveau ni les mêmes difficultés, mais ils avancent dans la même direction.
C’est cette sensation de mouvement collectif qui est intéressante.
Les adultes aiment aussi jouer
Les flammes et la progression visible peuvent sembler très ludiques. Est-ce que ce type de mécanique fonctionne vraiment avec des adultes ?
Bien sûr !
Les adultes aiment aussi jouer.
Dans le sport, nous regardons constamment notre progression.
Le nombre de répétitions.
Le poids sur une barre.
Un chrono.
Une distance.
Même quelqu’un qui ne se considère pas comme compétiteur peut être content de voir qu’il progresse.
La flamme, c’est très simple.
Mais justement, tu vois que tu as validé ta journée.
Tu vois ton avancée.
Et forcément, quand tu as commencé à accumuler plusieurs jours, tu peux avoir envie de continuer.
Personne n’a envie de casser sa dynamique au sixième jour d’un défi de sept jours !
Créer un cadre pour tenir
L’expérience de Virginie rappelle une réalité que les coachs connaissent particulièrement bien.
La motivation peut déclencher une première action.
Elle peut donner envie de rejoindre un défi.
Elle peut pousser une personne à commencer.
Mais elle ne garantit pas qu’elle ira jusqu’au bout.
Pour tenir, nous nous appuyons souvent sur autre chose.
Un rendez-vous.
Une progression visible.
Une action claire.
Un groupe.
Un cadre.
Finalement, est-ce qu’un bon défi repose uniquement sur la capacité du coach à motiver… ou aussi sur le cadre qu’il crée autour des participants ?
Le cadre est essentiel.
Un coach peut être très motivant, mais il ne peut pas être derrière chaque personne à chaque minute de la journée.
Et je pense que ce n’est pas forcément le but non plus.
Notre rôle est aussi de créer les conditions qui vont aider les personnes à avancer.
Le participant doit savoir ce qu’il a à faire.
Il doit pouvoir voir sa progression.
Et s’il sent qu’il fait partie d’une dynamique avec d’autres personnes, c’est encore plus intéressant.
Pour moi, un bon défi doit donner envie de commencer.
Mais surtout, il doit aider à continuer.
Un défi pensé pour continuer
Virginie Rousseau connaissait les défis bien avant de découvrir UPMATES.
Elle connaissait aussi la motivation, la progression et la force du collectif.
Ce qu’elle cherchait n’était pas une nouvelle manière de motiver sa communauté.
Elle cherchait un espace capable de structurer cette motivation.
Un endroit où une vidéo ne disparaît pas sous vingt nouveaux messages.
Où l’action du jour reste visible.
Où les participations sont rattachées à l’étape concernée.
Où chacun peut voir qu’il avance.
Parce que la motivation peut donner envie de commencer aujourd’hui.
Mais pour revenir demain, il faut parfois un cadre.
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